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J’accuse…!

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J’accuse…!

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Also known as J'accuse, J'accuse!, I accuse...!

thumb|Front page cover of the newspaper ''L'Aurore for Thursday 13 January 1898, with the letter J'Accuse...!, written by Émile Zola about the [[Dreyfus affair. The headline reads I Accuse...! Letter to the President of the Republic''.]]

Full text

L'Aurore : littéraire, artistique, sociale / dir. Ernest Vaughan ; réd. Georges Clemenceau | 1898-01-13 | Gallica

gallica.bnf.fr

L'Aurore : littéraire, artistique, sociale / dir. Ernest Vaughan ; réd. Georges Clemenceau Vous êtes sorti sain et sauf des bas- ses calomnies, vous avez conquis les coeurs. Vous apparaissez rayonnant dans l'apothéose de cette fête, patrio- tique que l'alliance russe a été pour la France, et vous vous préparez à pré- sider au solennel triomphe de notre Exposition universelle, qui couronnera notre grand siècle de travail, de vérité et de liberté. Mais quelle tache de boue sur votre nom -j'allais dire sur votre rogne - que cette abominable affaire Dreyfus! Un conseil de guerre vient, par ordre, d'oser acquitter un Ester- hazy, soufflet suprême à toute vérité, à toute justice. Et c'est fini, la France a sur la joue cette souillure, l'histoire écrira que c'est sous votre présidence qu'un tel crime social a pu être commis. Puisqu'ils ont osé, j'oserai aussi, moi. La vérité, je la dirai, car j'ai pro- mis delà dire, si la justice, régulière- ment saisie, ne la faisait pas, pleine et,entière. Mon devoir est de parler, je jie veux pas être complice. Mes nuits seraient hantées par le spectre de l'in- nocent qui expie là-bas, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu'il n'a pas commis. Un homme néfaste a tout mené, a tout fait, c'est le colonel du Paty de Clam, alors simple commandant.- 4 Il est l'affaire Dreyfus tout entière, on no la connaîtra que lorsqu'une enquête loyale aura établi nettement ses actes et ses responsabilités. Il ap- paraît comme l'esprit le plus fumeux, le plus compliqué, hanté d'intrigues romanesques, se complaisant aux moyens des romans-feuilletons, les papiers volés, les lettres anonymes, les rendez-vous dans les endroits dé- serts, les femmes mystérieuses qui colportent, de nuit, des preuves acca- blantes. C'est lui qui imagina de dicter le bordereau à Dreyfus ; c'est lui qui rêva de l'étudier dans une pièce entièrement revêtue de glaces ; c'est lui que le commandant Forzinetti nous représente armé d'une lanterne sourde, voulant se faire introduire près de l'accusé endormi, pour pro- jeter sur. son visage un brusque Ilot Je lumière et surprendre ainsi sou crime, dans l'émoi du réveil. Et je n'ai pas à tout dire, qn'on cherche, on trouvera. Je déclare simplement :juc le commandant du Paty do Clam, chargé d'instruire l'affaire Dreyfus, comme officier judiciaire, est, dans l'ordre des dates et des responsabi- lités, le premier coupable de l'ef- froyable erreur judiciaire qui a été commise. Le bordereau était depuis quelque temps déjà entre les mains du colonel Sandherr, directeur du bureau des renseignements, mort depuis de para- lysie générale. Des « fuites i avaient Ah! cette première affaire, elle est un cauchemar, pour qui la connaît dans ses détails vrais ! Le commandant du Paty de Clam arrête Dreyfus, lo met au secret. Il court chez madame'Drey- fus, la terrorise, lui dit que, si elle parie, son mari est perdu. Pendant ce temps, le malheureux s'arrachait la chair, hurlait son innocence. Et l'ins- truction a été faite ainsi, comme dans une chronique du quinzième siècle, au milieu du mystère, .avec une compli- cation d'expédients farouches, tout cela basé sur une seule charge enfantine, ce bordereau imbécile, qui n'était pas seulement une trahison vulgaire, qui était aussi la plus impudente des es- croqueries, car les fameux secrets li- vrés se trouvaient presque tous sans valeur. Si j'insiste, c'est que l'oeuf est ici, d'où va sortir plus tard le vrai crime, l'épouvantable déni de justice dont la France est malade. Je voudrais faire toucher du doigt comment l'er- reur judiciaire a pu être possible, com- ment elle est née des machinations du commandant du Paty de Clam, com- ment le général Mercier, les généraux de Boisdeffre et Gonse ont pu s'y lais- ser prendre, engager peu à peu leur responsabilité dans cette erreur, qu'ils ont cru devoir, plus tard, imposer comme la vérité sainte, une vérité qui ne se discute même pas. Au début, il n'y a donc de leur part que de l'incurie et de l'inintelligence. T

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J'accuse...!
publication date
1898-01-13
title
J’Accuse…! (Lettre au Président de la République)
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Sources (2)

via Wikidata · CC0

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Article

10 sections
Contents
  • Background
  • Dreyfus affair
  • Émile Zola
  • Publication
  • Contents of ''J'Accuse...!''
  • Trial of Zola and aftermath
  • Subsequent use of the term
  • References
  • Further reading
  • External links

thumb|Front page cover of the newspaper ''L'Aurore for Thursday 13 January 1898, with the letter J'Accuse...!, written by Émile Zola about the [[Dreyfus affair. The headline reads I Accuse...! Letter to the President of the Republic.]]

"'''J'Accuse...!'''" (; "I Accuse...!") is an open letter, written by Émile Zola in response to the events of the Dreyfus affair, that was published on 13 January 1898 in the newspaper L'Aurore''. Zola addressed the president of France, Félix Faure, and accused his government of antisemitism and the unlawful jailing of Alfred Dreyfus, a French Army General Staff officer who was sentenced to lifelong penal servitude for espionage, and sent to the penal colony on Devil's Island in French Guiana. Zola pointed out judicial errors and lack of serious evidence during Dreyfus' trial. The letter was printed on the front page of the newspaper, and caused a stir in France and abroad. Zola was prosecuted for libel and found guilty on 23 February 1898. To avoid imprisonment, he fled to England, returning home in June 1899.

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