
organisation militaire espagnole
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L’Union militaire espagnole (en castillan Unión Militar Española, en abrégé UME) était une association clandestine de hauts gradés et d’officiers de rang intermédiaire de l’armée espagnole, fondée à Madrid en décembre 1933 (c’est-à-dire au commencement du deuxième biennat de la Seconde République espagnole) par un groupe de militaires opposés à la , et dont les Juntas de Defensa, surgies en 1917 lors de la crise de la Restauration, étaient la préfiguration. Si, hormis une commune hostilité aux mouvements de gauche, les objectifs des affiliés à la UME vacillaient à ses débuts entre revendications purement catégorielles, défense de la république contre une éventuelle révolution de gauche, et renversement du régime républicain démocratique, c’est cette dernière option, c’est-à-dire la subversion, qui finit par s’imposer, sans préjuger encore de ce qui devait remplacer ensuite ce régime : monarchie, régime fasciste, ou dictature militaire. Ses membres s’étaient du reste montrés en majorité solidaires avec les militaires condamnés pour avoir pris part au coup d’État du général Sanjurjo le 10 août 1932. Dans le premier tract de l’UME peu après la révolution d’octobre 1934, les militaires étaient exhortés à « livrer bataille contre la partie anti-espagnole de l’armée, criminellement impliquée dans l’attentat contre la Patrie, [et composée de] franc-maçons engagés » ; on pouvait y lire que l’Espagne était l’objet de l’« appétit d’étrangers et de sectes insatiables, vindicatives » et ciblé par un ennemi qui « fait l’apologie du séparatisme, des nationalismes régionaux, de la ruine du sentiment religieux et de la ruine de la famille espagnole [...]. ». Après l’arrivée en mai 1935 de Gil-Robles au ministère de la Guerre, des militaires appartenant à l’UME furent placés en grand nombre à des postes clef, ce qui détermina un véritable noyautage de l’administration centrale. L’UME n’acceptait le statu quo institutionnel présent que sous réserve que le pouvoir politique ne penche pas vers la gauche et ne permette pas l’accession au pouvoir de l’un quelconque des partis protagonistes de la révolution d’octobre 1934 ; dans le cas contraire, la consigne portait d’intervenir violemment. Dès avant les élections de février 1936, remportées par le Front populaire, l’UME s’était mis en contact avec les autres groupes conspirateurs, notamment monarchistes. L’UMI, qui avait connu dans les semaines suivant ledit scrutin une croissance considérable chez les militaires de droite, s’associa au complot militaire à l’origine du coup d’État de juillet 1936.
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